L'église de Liergues

liergues egliseL'Eglise de Liergues comporte de nombreux objets inscrits au Patrimoine (autel, bannière de procession...) ainsi que des objets mobiliers classés (peintures murales restaurées dans les années 80, bénitier du 16ème siècle...).

Les fresques de l'Eglise sont visibles sur le site Internet

Histoire de son architecture :

En passant par Liergues, vous avez sûrement remarqué l'église paroissiale, assemblage massif de constructions successives, avec son lourd cloché carré. Cette église est fort ancienne et le choeur actuel remonte à 1570.

C'est en pénétrant à l'intérieur qu'on découvre les richesses de la partie ancienne notamment.

De l'ornementation de la chapelle primitive de style gothique, il reste un bénitier classé ; constitué par un pilastre carré flanqué de colonnes torses supportant la cuve hexagonale ornementée de motifs sculpturaux. Ce bénitier a été caché pendant la révolution par une famille lierguoise, et échappa ainsi à une destruction possible. Il servit alors, aux trois-quarts enterré, d'abreuvoir à bestiaux.

Quelques sculptures primitives représentant des scènes de la vie villageoise (paysan cerclant ses fûts, taillant sa vigne, tuant son porc) subsistent par ailleurs.

Un vitrail semble aussi dater de cette époque. Il représente la crucifixion avec, à gauche de la croix, une femme voilée symbolisant l'ancien testament et dont le spectre se brise ; à droite le nouveau testament reçoit la parole du Christ.

Signalons encore la remarquable porte de la sacristie, datant aussi de l'ancienne chapelle.

La façade extérieure de l'Eglise, traitée dans un style renaissance, nous offre au-dessus de l'entrée principale, la scène avec les douze apôtres, chaque visage comporte une expression différente.

Les cloches et leur légende :

La plus grosse, qui pèse 1500 kg, possède une fort belle sonorité qui s'entend loin à la ronde. Cette légende veut qu'elle ait été fondue en deux fois sur la grand'place. La première fois l'argent à manqué et le ciel marqua sa réprobation : la cloche sonnait faux. Il fallut recommencer, et cette fois, la châtelaine dut y sacrifier jusqu'à ses couverts en argent, ce fut une réussite...qui n'alla pas sans aléa. Les notes magnifiques que nous connaissons encore aujourd'hui, s'envolèrent gaiement par nos vallons beaujolais et arrivèrent jusqu'aux oreilles des chanoines de la primatiale à Lyon. Jaloux d'une renommée qui risquait d'éclipser celle de leurs gros bourdons ils dépêchèrent une délégation ayant pour mission d'acheter la cloche. La légende laisse croire qu'ils furent mal reçus et que l'un d'eux, en repartant sur sa mule, laissa tomber, méprisant, le nom de : l'animal dont on baptise parfois les habitants de Liergues : Cochon. La tradition par contre, veut qu'ils repartirent bredouilles mais contents après une belle cérémonie, et une tournées dans les caves.

Un chien dans l'église :

Quand on sait quelle profanation représentait le passage d'un chien dans le sanctuaire, on est fort surpris d'en trouver un en bonne place au détour d'un pilier, au-dessus d'une gracieuse niche gothique. Lucien Bégule (1912), faisant l'inventaire des trésors artistiques de la région, a écrit que cet animal " rongeait un os ". A la vérité, de nos jours, l'os manque. Mais a-t-il jamais existé ? On pourrait avancer une autre interprétation en se basant sur l'article 11 de l'ordonnance de police de la seigneurie de Jarnioux du 17 novembre 1577 : " Défenses...sont faites...à toutes personnes...de fouiller les truffiers appartenant audit seigneur et d'en arracher les truffes noires à peine de l'amende de 5 livres... " S'il y avait des truffes noires à Jarnioux pourquoi n'y en aurait-il pas eu à Liergues, promontoire d'un même terroir ? Et le chien de l'église ne serait-il pas un chien truffier, lui aussi révélateur comme Saint Eloi, des trésors de la Paroisse.